La croissance démographique de l'agglomération abidjanaise, qui dépasse six millions d'habitants, entretient une demande de logements très supérieure à l'offre. Les programmes neufs se multiplient à Cocody, à Marcory et vers Bingerville, sans combler un déficit estimé à plusieurs centaines de milliers de logements. Cette tension explique la progression régulière des loyers et des prix de vente depuis une dizaine d'années.
Cocody rassemble les secteurs les plus recherchés, avec les Deux-Plateaux, la Riviera et Angré, où se concentrent villas, résidences sécurisées et immeubles récents. La Zone 4, à Marcory, attire une population internationale pour sa proximité avec les commerces et les écoles. Le Plateau garde une vocation d'affaires plus que résidentielle. Yopougon, Abobo et Koumassi offrent des loyers bien inférieurs, avec des niveaux d'équipement variables. Bingerville, Songon et Grand-Bassam accueillent de leur côté une périurbanisation rapide.
Les écarts sont considérables selon la commune et la qualité du bien. En 2025, un appartement de deux chambres se loue couramment entre 300 000 et 600 000 francs CFA par mois dans les quartiers centraux de Cocody ou de Marcory, alors que des logements comparables se trouvent sous les 150 000 francs CFA dans les communes populaires. Les villas destinées aux cadres expatriés, avec gardiennage et parfois piscine, dépassent fréquemment le million de francs CFA mensuel.
La réglementation limite en principe la caution et l'avance de loyer à deux mois chacune pour les logements à usage d'habitation, mais la pratique s'en écarte souvent, certains bailleurs réclamant davantage. Le bail écrit reste la meilleure protection et la remise systématique de quittances évite bien des litiges. Les agences immobilières perçoivent des honoraires qui s'ajoutent à ces montants, et le recours à un intermédiaire identifié limite les mauvaises surprises.
L'acquisition d'un bien exige une vigilance particulière sur les titres. L'arrêté de concession définitive et le titre foncier constituent les documents de référence, et leur vérification auprès des services du domaine évite les situations de double vente, encore fréquentes. Le passage devant notaire, la publication au livre foncier et le paiement des droits d'enregistrement forment les étapes obligées. Les étrangers peuvent acquérir des biens urbains, tandis que le foncier rural obéit à un régime spécifique bien plus restrictif.