La population ivoirienne se répartit entre une soixantaine de groupes, que les linguistes regroupent en quatre grands ensembles. Les Akan occupent le centre, l'est et le sud-est et forment l'ensemble le plus nombreux, avec les Baoulé, les Agni, les Abron et les peuples lagunaires. Les Mandé se répartissent entre le nord-ouest, où vivent les Malinké, et le centre-ouest, domaine des Dan et des Gouro. Les Krou peuplent le sud-ouest, notamment les Bété et les Wè. Les Gour, ou Voltaïques, occupent le nord-est, avec les Sénoufo et les Lobi.
Une soixantaine de langues sont en usage sur le territoire. Le baoulé rassemble près de 19,5 pour cent des locuteurs, le dioula 17,7 pour cent, le sénoufo 9,9 pour cent et le bété 3 pour cent selon les estimations disponibles. Le dioula joue un rôle de langue véhiculaire dans le commerce et sur les marchés, bien au-delà de son aire d'origine. Aucune langue nationale ne dispose à ce jour d'un statut officiel.
Le français demeure la seule langue officielle et structure l'administration, la justice, l'enseignement et les médias. Une variété locale, le français populaire ivoirien, ainsi que le nouchi, argot né dans les quartiers populaires d'Abidjan, se sont largement diffusés dans la musique, la publicité et les échanges quotidiens des jeunes générations.
La Côte d'Ivoire accueille depuis les années 1960 une immigration de travail importante venue des pays voisins. Les Burkinabè constituent le groupe le plus nombreux, devant les Maliens, les Guinéens, les Nigériens et les Ghanéens. Cette présence ancienne a profondément marqué les zones de plantation du sud-ouest et du centre, où elle a accompagné l'expansion des cultures de rente.
La question de l'accès à la nationalité et au foncier rural a nourri les crises politiques des années 1990 et 2000, autour de la notion d'ivoirité. Des opérations d'acquisition de la nationalité par déclaration ont été conduites à partir de 2013 au bénéfice de personnes nées sur le territoire. Les conflits fonciers entre populations autochtones et allogènes demeurent une source récurrente de litiges dans l'ouest du pays.