L'hymne national ivoirien porte le nom de « L'Abidjanaise ». La loi n°60-207 du 27 juillet 1960 l'a consacré, quelques jours avant la proclamation de l'indépendance, le 7 août 1960. Le titre fait référence à Abidjan, alors capitale du jeune État, sur un modèle qui doit beaucoup à « La Marseillaise », dont la composition musicale s'inspire ouvertement.
Le texte est attribué aux ministres Mathieu Ekra et Joachim Bony ainsi qu'à l'abbé Pierre-Marie Coty, la partition revenant à l'abbé Pierre-Michel Pango. Les sources officielles et les travaux historiques ne répartissent pas toujours les rôles de la même manière, certaines créditant l'abbé Coty pour les paroles et l'abbé Pango pour la musique. L'ensemble a été écrit en 1959, dans les mois qui ont précédé l'indépendance.
Le premier couplet s'ouvre sur un salut adressé à la « terre d'espérance, pays de l'hospitalité » et invite à l'union autour de la liberté nouvellement acquise. Le refrain associe la fierté nationale, le travail et la fraternité entre les peuples qui composent le pays. L'hymne comporte plusieurs strophes, mais l'usage protocolaire se limite le plus souvent au premier couplet suivi du refrain.
L'exécution de l'hymne accompagne la montée des couleurs dans les écoles et les administrations, les cérémonies militaires, les prises de fonction officielles et les rencontres internationales des sélections sportives. L'assistance se tient debout et immobile, tournée vers le drapeau. Les autorités éducatives rappellent régulièrement l'obligation d'enseigner le texte dans les établissements du primaire et du secondaire.
Le transfert de la capitale à Yamoussoukro en 1983 a nourri des propositions de remplacement, le titre de l'hymne renvoyant à une ville qui n'est plus le siège officiel des institutions. Un chant concurrent a circulé au début des années 2000 sans jamais aboutir à une modification législative. « L'Abidjanaise » demeure donc l'unique hymne national reconnu par la Constitution.