Libertés publiques en Côte d'Ivoire

Garanties constitutionnelles

La Constitution de 2016 reconnaît la liberté d'expression, la liberté de réunion, la liberté d'association et la liberté de culte. Elle consacre l'abolition de la peine de mort, déjà acquise en 2000, et intègre la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples dans son préambule. Le Conseil national des droits de l'homme, institué sous sa forme actuelle en 2018, exerce une mission de suivi et de saisine.

Évaluations internationales

Freedom House classe la Côte d'Ivoire parmi les pays partiellement libres, avec un score de 46 points sur 100 dans son rapport publié en 2026, dont 17 sur 40 pour les droits politiques et 29 sur 60 pour les libertés civiles. L'organisation relève une dégradation liée à l'exclusion des principaux opposants du scrutin présidentiel de 2025 ainsi qu'aux poursuites engagées contre des utilisateurs de réseaux sociaux.

Presse et information

Le paysage médiatique comprend une presse écrite pluraliste, des radios de proximité nombreuses et un secteur audiovisuel privé autorisé à partir de 2017. Les délits de presse ne sont plus passibles d'emprisonnement depuis la loi de 2004, mais des poursuites fondées sur d'autres textes, notamment ceux relatifs à la cybercriminalité et à l'atteinte à l'ordre public, visent régulièrement journalistes et blogueurs. Reporters sans frontières a constaté un recul de onze places du pays dans son classement mondial publié en 2025.

Manifestations et vie associative

Le régime des manifestations sur la voie publique repose sur une déclaration préalable, mais des interdictions de rassemblement ont été prononcées pendant la période électorale de 2025 et des participants interpellés. Les organisations de la société civile, les syndicats et les organisations professionnelles disposent néanmoins d'un espace d'expression réel, notamment sur les questions foncières, sociales et environnementales.

Justice et détention

La lenteur des procédures, la surpopulation carcérale et les difficultés d'accès à l'aide juridictionnelle sont documentées par les organisations nationales et internationales. Les questions d'impunité liées aux violences post-électorales de 2010 et 2011 restent largement en suspens, malgré les procédures conduites devant les juridictions ivoiriennes et devant la Cour pénale internationale.