La musique ivoirienne

Répertoires traditionnels et instruments

Chaque grand ensemble culturel possède ses répertoires de percussions, de flûtes et de chants de travail. Le balafon mandé, les tambours parleurs akan, les trompes traversières et les hochets accompagnent les funérailles, les intronisations et les danses de masques. Deux pratiques musicales du pays figurent au patrimoine culturel immatériel de l'humanité, le gbofé d'Afounkaha, musique de trompes traversières des Tagbana, et le zaouli, danse masquée gouro inscrite en 2017.

Orchestres modernes et ziglibithy

Les années 1960 et 1970 voient naître une scène de studio à Abidjan, nourrie par la rumba congolaise et par la variété ouest-africaine. Amédée Pierre popularise le dopé, chanté en bété. Ernesto Djédjé, disparu en 1983, crée le ziglibithy, rythme construit sur les percussions de l'Ouest et sur une guitare électrique tranchante, dont l'influence traverse toute la musique ivoirienne ultérieure. Meiway prolonge cette veine avec le zoblazo, inspiré des rythmes n'zima.

Reggae ivoirien

Abidjan devient au début des années 1980 l'une des capitales mondiales du reggae. Alpha Blondy, né à Dimbokro en 1953, chante en dioula, en français, en anglais et en hébreu, et connaît un succès continental avec Jah Glory puis Brigadier Sabari. Tiken Jah Fakoly, originaire d'Odienné, poursuit dans un registre plus frontalement politique. Ce répertoire reste l'un des plus écoutés du pays.

Zouglou

Le zouglou apparaît au tournant des années 1990 sur les campus universitaires d'Abidjan, dans un contexte de contestation étudiante. Les textes, chantés en français populaire et en nouchi sur des percussions et des chœurs, racontent le chômage, le logement et la débrouille. Les Parents du Campus, Poussins Chocs et Espoir 2000 en fixent les codes. Magic System porte le genre bien au-delà des frontières avec Premier Gaou, succès international à la fin de la décennie.

Coupé-décalé et scène actuelle

Né au début des années 2000 dans les clubs africains de Paris autour de Douk Saga et de la Jet Set, le coupé-décalé revient à Abidjan sous forme de danses, de slogans et de rythmes rapides. DJ Arafat, mort en 2019, en devient la figure dominante et ses obsèques rassemblent des dizaines de milliers de personnes. La scène actuelle mêle afrobeats, rap et coupé-décalé, avec Serge Beynaud, Josey, Didi B ou Kiff No Beat. Deux rendez-vous structurent l'année, le Marché des arts du spectacle d'Abidjan, biennale créée en 1993, et le Femua, festival lancé par Magic System dans le quartier d'Anoumabo.