Histoire de la Côte d'Ivoire

Peuplements anciens et royaumes précoloniaux

Les plus anciennes traces d'occupation humaine relevées sur le littoral lagunaire remontent au paléolithique supérieur. Entre le XIe et le XVIe siècle, des vagues de migrations venues du nord et de l'est déposent sur ce territoire la mosaïque de peuples qui le compose encore. Le royaume de Kong, dominé par les Ouattara à partir du début du XVIIIe siècle, devient un carrefour commercial entre la forêt et le Sahel ainsi qu'un foyer d'enseignement musulman. À l'est se constituent des royaumes akan venus de l'actuel Ghana, le Gyaman, le Sanwi et l'Indénié. La tradition orale attribue à la reine Abla Pokou la fondation du groupe baoulé, au milieu du XVIIIe siècle, après la traversée du fleuve Comoé.

Comptoirs européens et conquête française

Des navigateurs portugais longent la côte dès le XVe siècle et laissent des noms de lieux toujours en usage. L'appellation du pays vient du commerce de l'ivoire pratiqué sur ce rivage. Les Français ouvrent des comptoirs à Assinie et à Grand-Bassam dans les années 1840, puis multiplient les traités de protectorat avec les chefs de la côte. La colonie de Côte d'Ivoire naît en mars 1893 et Grand-Bassam en devient la capitale. Une épidémie de fièvre jaune, en 1899, conduit l'administration à s'installer à Bingerville l'année suivante. À l'intérieur des terres, la conquête se heurte à l'armée de Samory Touré, capturé en 1898, puis aux populations forestières, ce qui repousse la pacification jusqu'aux années 1910.

Économie de plantation et Afrique-Occidentale française

Rattachée en 1904 à la fédération de l'Afrique-Occidentale française, la colonie est organisée autour du cacao, du café et des bois tropicaux. Le portage, puis le travail forcé et le recrutement de main-d'œuvre dans la Haute-Volta voisine, alimentent les plantations et le chantier du chemin de fer reliant Abidjan au Niger. Abidjan devient capitale en 1934 et le percement du canal de Vridi, achevé en 1950, lui donne un port en eau profonde qui change l'échelle des exportations.

Marche vers l'indépendance

Planteur et médecin africain, Félix Houphouët-Boigny fonde en 1944 le Syndicat agricole africain pour défendre les planteurs ivoiriens face aux colons. Élu député l'année suivante, il fait adopter en avril 1946 la loi qui abolit le travail forcé dans les territoires d'outre-mer et crée la même année le Parti démocratique de Côte d'Ivoire. Ministre dans plusieurs gouvernements français, il négocie une transition sans rupture avec l'ancienne métropole. L'indépendance est proclamée le 7 août 1960.

Présidence d'Houphouët-Boigny

Premier président du pays, Félix Houphouët-Boigny reste au pouvoir jusqu'à sa mort, le 7 décembre 1993. Les deux premières décennies, portées par le cacao et le café, valent au pays le surnom de miracle ivoirien et attirent une immigration nombreuse venue des États voisins. Le parti unique de fait ne prend fin qu'en 1990, avec le retour du multipartisme. Yamoussoukro, village natal du président, est proclamée capitale politique en 1983.

Crises politiques et stabilisation

Henri Konan Bédié succède au président défunt avant d'être renversé en décembre 1999 par le général Robert Gueï, premier coup d'État de l'histoire du pays. Laurent Gbagbo accède à la présidence en 2000. La rébellion de septembre 2002 coupe le territoire en deux pendant plusieurs années, malgré les accords de Ouagadougou signés en 2007. Le scrutin présidentiel de novembre 2010 débouche sur une crise armée qui s'achève en avril 2011 par l'arrestation de Laurent Gbagbo et l'installation d'Alassane Ouattara, réélu en 2015 puis en 2020. Le pays a depuis renoué avec une croissance soutenue, tandis que la réconciliation demeure un sujet permanent du débat public.