Fêtes, traditions et folklore en Côte d'Ivoire

Fête des ignames chez les Akan

La fête des ignames marque le début d'une nouvelle année symbolique dans les sociétés akan. Aucune igname nouvelle n'est consommée avant que les chefs et les gardiens des cultes aient offert les prémices aux ancêtres. Purification des sièges royaux, danses de cour, règlement des différends et intronisations rythment plusieurs journées. Chaque royaume fixe sa date en fonction du calendrier agricole, le plus souvent au sortir de la grande saison des pluies.

Abissa de Grand-Bassam

Chez les N'zima de Grand-Bassam, l'Abissa ouvre chaque année une semaine de parole libre. Au son du tambour sacré, chacun peut reprocher publiquement ses fautes à un voisin, à un notable ou au roi lui-même, sans encourir de sanction. Danses, déguisements et veillées accompagnent cette catharsis collective, qui se referme par des rites de purification et par le pardon. La fête se tient à la fin du mois d'octobre et au début du mois de novembre.

Popo Carnaval de Bonoua

Chez les Abouré de Bonoua, le Popo Carnaval mêle défilés masqués, chars, concours de beauté et concerts pendant plusieurs jours. Les participants dissimulent leur visage sous des masques de tissu et de papier, ce qui autorise là encore une inversion temporaire des rôles sociaux. La manifestation se déroule au mois d'avril et attire un large public venu d'Abidjan.

Dipri des Abidji

Dans la région de Sikensi, les villages abidji célèbrent le Dipri par une nuit rituelle suivie d'une journée de transes. Les initiés s'infligent des blessures apparentes qui se referment sans trace, sous l'effet de préparations gardées secrètes. La cérémonie protège la communauté et referme symboliquement le cycle des malheurs de l'année écoulée. Elle a lieu en avril, peu après Pâques.

Masques de l'Ouest et danses initiatiques

Les régions dan et wè de l'Ouest montagneux organisent en saison sèche des sorties de masques qui remplissent des fonctions de justice, de divertissement ou de guerre. Man accueille des rassemblements où figurent le masque échassier et les danseuses acrobatiques. Chez les Gouro, le zaouli, danse masquée inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'humanité en 2017, associe une virtuosité rythmique et une figure féminine sculptée. Dans le nord sénoufo, le poro rythme l'initiation des jeunes hommes par cycles longs, à l'écart des villages, dans les bois sacrés.

Classes d'âge et fêtes de génération

Sur le littoral, les Atchan, les Abouré et les Alladian organisent des fêtes de génération qui font passer une classe d'âge entière au rang supérieur. Ces cérémonies, espacées de plusieurs années, se traduisent par des défilés en pagne, des combats simulés et de longues séquences de dons. Elles restent le principal cadre d'organisation des villages lagunaires absorbés par l'agglomération d'Abidjan.