Avant le téléphone, l'information circulait par des instruments capables de reproduire les tons des langues locales. L'atoungblan, tambour parleur des cours akan, annonçait les décès, les convocations et l'arrivée d'un hôte de marque, chaque formule rythmique correspondant à une phrase connue de tous. Les trompes traversières, les cors et les tambours d'aisselle remplissaient des fonctions comparables dans d'autres régions. Ces instruments restent en usage lors des funérailles et des intronisations.
Dans les chefferies akan, le roi ne s'adresse jamais directement à l'assemblée. Un porte-canne transmet et reformule ses paroles, fonction qui suppose une maîtrise complète des proverbes et de l'histoire du royaume. Chez les peuples mandé du nord, les griots détiennent la généalogie, arbitrent les conflits et prennent la parole lors des mariages. Le recours au proverbe et à l'image plutôt qu'à l'affirmation directe reste une constante de la conversation ivoirienne, y compris en français.
La Radiodiffusion télévision ivoirienne, longtemps seule à l'antenne, exploite plusieurs chaînes et un réseau de radios nationales et régionales. L'ouverture du paysage audiovisuel à des opérateurs privés a fait apparaître de nouvelles chaînes généralistes à partir de 2019. Le quotidien d'État Fraternité Matin côtoie une presse d'opinion abondante et souvent proche des partis. La Haute autorité de la communication audiovisuelle et l'Autorité nationale de la presse encadrent le secteur. Les radios de proximité, qui diffusent en langues nationales, restent le média le plus écouté hors des grandes villes.
Le téléphone mobile a sauté l'étape du réseau filaire et s'est imposé comme le principal canal de communication. Trois opérateurs se partagent le marché, Orange, MTN et Moov Africa, et beaucoup d'usagers détiennent plusieurs cartes SIM pour profiter des tarifs de chacun. Le paiement par mobile sert au transfert d'argent, aux factures, aux frais de scolarité et au commerce quotidien, y compris pour des sommes très faibles. Les messageries et les réseaux sociaux structurent la sociabilité urbaine ainsi qu'une part importante de l'activité commerciale informelle.
Né dans les rues d'Abidjan à partir des années 1970, le nouchi combine le français, le dioula, le baoulé, le bété et l'anglais. D'abord parler de jeunes marginalisés, il s'est diffusé par la musique et par la publicité jusqu'à devenir une langue véhiculaire urbaine, comprise bien au-delà des classes d'âge où il est apparu. Un visiteur francophone comprend le français ivoirien courant, mais rencontre vite des tournures et des mots qui n'appartiennent qu'à lui.