Les savoir-faire liés au tissage du pagne sont inscrits depuis 2023 au patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Sept communautés les pratiquent, les Gouro, les Baoulé, les Malinké, les Sénoufo, les Koulango, les Nafana et les Abron. Le tisserand travaille sur un métier étroit et produit des bandes ensuite cousues bord à bord. Chez les Dida, la fibre de raphia remplace le coton. Chez les Sénoufo, les femmes filent et tissent le coton écru tandis que les hommes le décorent. Ces pagnes se portent aux mariages, aux intronisations et aux funérailles, et leurs motifs renvoient à des proverbes ou à des lignages.
Dans le nord, les peintres sénoufo du village de Fakaha tracent sur une toile de coton écru des silhouettes d'animaux, de danseurs de masques et de personnages stylisés. Le pigment provient d'une boue fermentée qui noircit au contact du tissu. Chaque figure possède une valeur symbolique et l'ensemble servait à l'origine de vêtement de chasse ou de support rituel.
La sculpture ivoirienne compte parmi les plus étudiées d'Afrique de l'Ouest. Les masques dan présentent des visages lisses et des traits apaisés, ceux des Wè accumulent cornes, dents, clous et matières chargées. Les Sénoufo taillent le masque kpélié aux joues ornées et le masque heaume associant buffle, antilope et crocodile. Chez les Baoulé, le masque goli et les statuettes du conjoint de l'au-delà relèvent de deux registres distincts. La production actuelle mêle pièces rituelles, commandes de collectionneurs et copies destinées aux marchés touristiques.
Katiola reste le centre de la poterie ivoirienne, où des femmes façonnent au colombin des jarres, des canaris de conservation et des braseros cuits à ciel ouvert. La vannerie fournit nattes, paniers et séchoirs dans tout le pays. Les perles de verre et de pâte, portées à la taille ou au cou, accompagnent les rites de passage sur le littoral lagunaire.
Les royaumes akan ont développé une orfèvrerie de cour associant masques d'or, bijoux et ornements de canne. Les poids à peser la poudre d'or, fondus en laiton à la cire perdue, forment un corpus de figurines et de motifs géométriques d'une grande finesse. Plusieurs ateliers perpétuent aujourd'hui la fonte du laiton et le travail de l'argent.
Le centre artisanal de Treichville, le village artisanal de Grand-Bassam et les coopératives de Waraniéné, près de Korhogo, regroupent ateliers et points de vente. Les prix se négocient, et un objet ancien authentique ne quitte le territoire qu'avec une autorisation d'exportation.